Gravité.

« Je voulais être architecte. Etant couturier, je suis obligé de suivre des lois des principes d’architecture. Une des matières dont vous avez parlez tout à l’heure et dont je dispose, le tissu, m’y ramène sans cesse. Ce n’est pas un vain mot de parler d’architecture d’une robe : une robe se construit et elle se construit selon le sens des tissus. Le sens des tissus, c’est le secret de la couture. C’est un secret qui dépend de la première loi architecturale, celle de l’obéissance à la pesanteur. » 

Christian Dior, 1948, Conférence à la Sorbonne. 


« La structure suppose l’équilibre. L’équilibre suppose les forces. Les forces supposent le poids. Et le poids renvoie à la notion de pesanteur.

En architecture comme à la mode, ces thèmes obsèdent car questionnent sur le rapport entre la forme, la matière et leurs réactions à diverses forces dont le vent, l’eau, les fondations. Et parfois, la couture, le pli, la texture.

Il s’agit de la conscience d’une structure qui réagit à la nature : trois piliers, deux manches, une colonne vertébrale, un corps. C’est la gravité défiée. Puis le vent. La robe. Elle glisse au sol puis vole vers le ciel. C’est la gravité célébrée.

Toutes les photos ont été prises par Laurie Dardion, qui a également suggéré le travail d’Eduardo Chillida pour illustrer les questionnements que peuvent inspirer la gravité. Ici, les sculptures en papier, Gravitation, sont une sorte d’oxymore très intelligent ou un matériau léger va d’abord feindre la masse, de par sa composition, puis progressivement se révéler car vaporeux et aérien. On adore. »

Des bisous, Aicha et Fathmé.

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Photographies : Laurie Dardion.
Référence : Eduardo Chillida, Gravitation, 1994 – 1995.
Location : Pont Valentré, Cahors.

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