Anomalie vert.

Article réalisé en collaboration avec Marie Louise de Coton & Chiffon. Une très belle femme, de celles que nous décrivons plus bas. Ce qui la rend belle, c’est son attitude. Marie Louise, c’est une rencontre. Elle a cette complexité de la femme moderne, entre Occident et Afrique. Elle est intelligente, intéressante, ses mots également. Vous pouvez le lire à l’adresse suivante, où elle a aussi écrit autour de ces photos : http://www.cotonetchiffons.com 


« Moi, c’est mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon cerveau. Toute ma peau a une âme. » 

Colette.


« Mon obsession pour la peau ne s’arrêtera donc jamais ?

 Une teinte. Un grain. Une texture. Une capacité à jouer avec l’ombre et la lumière. La peau est d’autant plus intéressante qu’elle n’est jamais la même. Brillante. Mate. Plus ou moins dorée. C’est le nouveau bijoux, sobre et moderne. La peau se suffit à elle même, souvent plus éloquente lorsqu’aucun accessoire ne s’y dépose.

Ici terrestre, le brun s’associe au vert afin de voir pousser une fleur humaine. »


« Il y a une lumière profonde qui émane de toi, corps noir. Comme je te trouve belle, femme noire. Comme je me trouve belle …

Je suis narcissique. Je n’en ai aucunement honte, au contraire. J’embrasse cette posture qui est le fruit sain et honnête de tant d’années de vécu nègre. Mais mon narcissisme part comme il vient. Ce qui reste, c’est ma curiosité. Pour la première fois, je me regarde. Pour la première fois, je me vois lorsque je les regarde. Et je nous trouve belles. J’en suis fière. Je ne saurais dire pourquoi, ni comment, mais cette chose est là.

Il y a une lumière profonde qui émane de toi, corps noir. Comme je te trouve belle, femme noire. Comme je me trouve belle …

Tu es une courbe tendue par l’attitude. Cette courbe prend racine, à l’endroit où pousse des cheveux sombres, crépus et secs, fièrement dressés ou tendrement apprivoisés. Elle se termine, en se retournant et s’enroulant lorsque si joliment tu roules des r. J’aime ton corps, un arc tantôt tordu par la passion, tantôt cabossé par le travail. Déformée. Bizarre ? Etrange ? Mystique. Sombre. Brun ? Toujours lumineux, car dans ta chair et ton âme sont absorbés les derniers rayons du soleil et sur ton visage sont déposées les deux larmes témoins de l’effort qu’est ton corps : une bouche pulpeuse, et ce nez si rond. 

Il y a une lumière profonde qui émane de toi, corps noir. Comme je te trouve belle, femme noire. Comme je me trouve belle … »


On est de retour ! Et on avait envie de vous proposer plusieurs photographies et collages, sur ce thème de la peau noire,  produits par l’artiste nigerian Kadara Enyeasi. On aime ce qu’évoquent ces images de ce corps sombre. Ici, il est fort, puissant, sculpté, souple, modelé, simplement beau. Il devient presqu’un modèle de référence, associé à des concepts qui se veulent élémentaires et porteurs d’équilibre: l’homme nu et la nature, puis la proportion lorsqu’il est dépeint comme un nouveau modulor, la géométrie et les couleurs primaires. De quoi susciter des interrogations quant à la place des corps noirs et sa perception dans les sociétés actuelles. Un travail éloquent, il faut l’avouer. Dites-nous ce que vous en pensez.

Des bisous, Aicha & Fathmé.

DSC_0080 2DSC_0040 2DSC_0097 2Capture d_écran 2017-07-09 à 12.45.20Capture d_écran 2017-07-09 à 12.45.58L’ouverture III, Kadara Enyeasi.

DSC_0008DSC_0043Capture d_écran 2017-07-09 à 12.39.46Kadara-Enyeasi-BAS-B1Wild sheep chase, Kadara Enyeasi. 

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